Pourquoi ne dit-il pas quand il a mal ?

Pourquoi ne dit-il pas quand il a mal ?

Il est absolument indispensable que votre enfant Asperger devienne un adulte capable de soulager sa propre douleur. Il est utile d’expliquer visuellement comment le cerveau et le corps travaillent ensemble pour envoyer des signaux indiquant la douleur. Parfois les signaux sont accompagnés par des visuels qu’il y a un problème, comme un saignement ou une ampoule. D’autres fois, les signaux peuvent n’être qu’à l’intérieur du corps et non vus, juste ressentis. Internet ou votre bibliothèque locale est une bonne ressource pour trouver des images, des livres, ou des vidéos qui expliquent ce processus physiologique.

Raisons pour lesquelles il ne communique pas sa douleur

Mais il y a certains enfants Asperger qui ne disent pas tout le temps quand ils ont mal, si jamais ils le disent. Voici des hypothèses à cela :

-il peut ne pas comprendre qu’il existe une convention sociale non écrite qui dit que tout le monde dit qu’il a mal pour être soulagé,

-il peut ne pas réaliser que ce qu’il ressent est différent de ce que tout le monde ressent,

-comme pour l’envie d’aller aux toilettes, il peut ne pas être très conscient de son système nerveux, ce qui fait que la douleur n’est pas interprétée correctement,

-étant très sensible, il peut avoir été gravement traumatisé par des expériences avec des médecins et des infirmières de telle sorte qu’il considère endurer la douleur comme la meilleure option.

Une mère a partagé les observations suivantes sur son jeune fils :

Des gens m’ont dit qu’Alex avait une haute tolérance à la douleur. Il s’est un jour cassé le bras, et l’enseignante l’a vu arriver, mais il a juste regardé furtivement et est parti. Plus tard, elle s’est rendue compte qu’il ne pouvait pas bouger la main. J’ai commencé à réaliser qu’Alex avait connu la douleur jeune. Il s’est cassé les quatre dents de devant à trois ans et à cinq ans. (Nous savons maintenant qu’il n’a pas de perception du détail et est extrêmement myope.) Il a pensé que la douleur était un aspect normal de la vie et ne savait pas l’expliquer. Je suis allée à la maison et ai demandé à Alex comment était son corps. Il était sûr qu’il ne sentait pas bien la douleur, mais quand il s’est fait examiner, on a vu qu’il avait des cors aux pieds, ce qui est assez douloureux.

Un autre garçon a souffert d’un asthme léger durant les premières années de sa vie. Avant d’avoir un diagnostic et un traitement, sa première phrase a été de s’exclamer, « Maman, je ne savais pas qu’on pouvait avoir mal quand on respire. »

Reconnaître la douleur chez votre enfant peut être très difficile s’il est souvent sans expression. Pendant un examen un adolescent Asperger a surpris presque tout le monde dans la pièce. Quand on lui a demandé de décrire sa douleur, il a fait une longue liste d’aliments qui lui faisaient mal tous les jours. Personne n’aurait jamais deviné son problème simplement en regardant son attitude ; ses expressions faciales ne révélaient rien. Il fallait lui poser la question pour qu’il révèle sa réponse.

Un jeune homme dans la vingtaine avait une douleur de dents très forte. Il a fermement refusé de se faire soigner à cause d’expériences traumatisantes avec le dentiste par le passé. Ne pas se faire soigner a été une grande résistance. Cependant, sa douleur était chronique. Il a choisi de faire de l’auto-médication en prenant de la nicotine, de la marijuana, et de l’alcool.

Apprendre à votre enfant à se soigner

En plus de lui apprendre comment le corps marche quand il communique la douleur, il est aussi important de vous mettre en partenariat avec lui pour qu’il ait du contrôle sur sa douleur plus tard. Cela veut dire mettre en valeur l’idée qu’il soit bon de parler de sa douleur. Le message pour la jeune fille qui a enduré des douleurs tous les jours (et d’autres comme elle) doit être clair. Il ne faut pas vivre avec une douleur chronique. Les autres filles de treize ans ne vivent pas avec, ce n’est pas normal, et un traitement est possible une fois qu’un diagnostic a été fait. Imaginez l’enfer de vivre une douleur chronique pour cette jeune fille avait trente-trois ans à la place de treize. Quelle productivité aurait sa vie, et comment les autres caractériseraient-ils ses « comportements » ?

De plus, cela baissera l’anxiété de votre enfant si vous démystifiez tout ce qui va se passer chez le médecin avant le rendez-vous. Vous pouvez faire cela avec votre enfant :

-Faites le chemin jusque chez le médecin avant le jour du rendez-vous.

-Assignez-lui la responsabilité de vous dire où aller pour aller chez le médecin, de noter le nom des rues.

-Une fois chez le médecin, permettez-lui de prendre des photos du dedans et du dehors. Passez-les en revue plus tard à la maison (là où il se sent le mieux), en le sollicitant pour qu’il donne des détails.

-Si possible, rencontrez le médecin avant. Donnez encore une fois à votre enfant l’opportunité de prendre des photos.

-Suggérez qu’il prenne des photos d’une pièce, en lui rappelant qu’à la prochaine visite, vous ne serez pas dans cette pièce mais dans une presque comme celle-là.

-Arrangez-vous pour avoir autant de détails sur le rendez-vous que possible, dont le temps d’attente approximatif et le détail de toutes les procédures, avec des brochures et d’autres images.

-Discutez de la flexibilité du temps avec lui, et chargez-le de surveiller l’heure durant le rendez-vous.

-Ayez des informations claires sur l’ordre des procédures et faites-en une liste avec lui (il pourra amener cette liste avec lui au rendez-vous).

-Pour le temps d’attente, suggérez-lui d’apporter quelque chose à lire, si possible quelque chose qu’il pourra partager avec le médecin.

-Prévoyez une activité de plaisir qui suivra le rendez-vous. Faites-là sans tenir compte de s’il l’a « méritée ».

Si cela vous donne l’impression de beaucoup de préparatifs et d’un grand investissement en temps, ça l’est. Mais au long cours, cet investissement en temps permettra à votre enfant de se sentir à l’aise. Lui faire prendre le contrôle de ce processus favorise son sens d’autonomie.

Important

Les cabinets de médecin peuvent être des endroits bondés avec des rendez-vous en retard. Appelez avant de partir pour confirmer l’exactitude de l’heure. Ne soyez pas surpris, par contre, si en rencontrant finalement le médecin, votre enfant ne lui donne pas ses grâces car il « est en retard » !

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